Cascade de Ny

Une histoire passionnante

Borégaou : du tabou à la transmission

C'est à un drôle de voyage dans le temps et dans l'espace, un voyage peuplé de clans, de légendes et d'humeurs du passé, que Mathias Bruireu convie les touristes qui l'accompagnent sur les hauteurs de Borégaou, au carrefour des tribus de Bouirou et de Pothé. Visite guidée…

On ne peut que vous inciter à vivre cette expérience hors du temps en compagnie de Mathias, descendant du clan Jumwâ dont la pratique de l'anthropophagie a laissé des traces sur le promontoire où Mathias accueille ceux qui viennent écouter sa parole. Une parole à la fois libre, décomplexée mais également profondément respectueuse vis-à-vis de ses ancêtres qui ont occupé les lieux.

Les traces d'une agriculture ancestrale

En empruntant la route de Pouéo, qui vous mènera à Borégaou, il est difficile d'imaginer que ces vallées ont abrité une population tribale que des anthropologues ont estimée à près de 8 000 individus1. Et pourtant, soyez attentifs, les signes sont là ! Observez bien les collines verdoyantes qui bordent la piste dans le haut de la vallée. Vous y découvrirez, par dizaines, des ridules en croissant de lune ou des sillons rectilignes parfaitement étagés. Dans les deux cas, il s'agit des vestiges naturels de billons (culture de l'igname) ou de tarodières qui, après 150 ans de non-exploitation, continuent à narrer un passé révolu.

Une fois que vous serez parvenus sur le promontoire, laissez votre regard embraser le paysage qui s'offre à vous. Un paysage dominé, sur la droite, par le Bwa Meboa et le Memayumwä qui, avec ses 1423 m, est le troisième plus haut sommet de Nouvelle-Calédonie. Vous êtes là à un carrefour historique des anciennes pistes permettant de joindre les côtes Est et Ouest./p>

Mais il est maintenant temps de faire la coutume ; un geste essentiel pour Mathias en ce lieu autrefois tabou2, par respect pour la terre que vous allez fouler.

Un lieu de sacrifices…

Quelques pas vous amèneront alors à l'emplacement de la « Table des sacrifices », une large pierre, sombre et aplatie, dont Mathias dit qu'elle « est sortie de terre pour respirer ». C'est ici, à la demande du grand chef, qu'étaient sacrifiés des individus destinés… à la consommation. Étaient-ce des membres du clan ou des ennemis capturés ? Mathias ne saurait le préciser : « quand les missionnaires sont arrivés, ils ont mis un tabou sur tout ça et ont veillé à occulter ce passé ».

Dans la légende orale subsiste cependant le mythe des « guerriers invisibles ». Ceux qui étaient assignés aux sacrifices humains en tiraient une force magique et une boisson leur permettait alors de devenir “invisibles”. Ces histoires pourraient être effrayantes ; dans la bouche de Mathias, elles conservent un caractère quasi sacré mais dont la peur est absente. Comme il le dit : « accepter d'en parler permet d'éloigner les peurs ancestrales liées à ce lieu ; nous sommes tout de même au XXIème siècle ! »

Un lieu de cuisson…

Un peu plus haut, Mathias nous invite à découvrir le « Dôme des fours ». Des récents travaux destinés à favoriser un tracé de piste ont mis à jour des ossements humains. Selon Mathias, il s'agit là d'un emplacement où les victimes étaient cuites. Du cartilage et des restes de dentition, délicatement déposés à l'abri de quelques pierres, semblent en témoigner…

Un dernier mot. Si vous parvenez à gagner la confiance de Mathias, peut-être aurez-vous également la chance que celui-ci vous montre une pierre très particulière. Pas question cependant de l'évoquer ici avec des mots écrits et imprimés. Les tabous ont la vie dure…

1 par exemple, la tribu de Bouirou compte aujourd'hui environ 100 habitants contre plus d'un millier estimé au milieu du 19ème siècle.
2 en langue ajié, Mathias traduit le mot « tabou » par le terme « Aperâ »

Le voyage des âmes

Parfois, les mots de la langue française n'y suffisent plus. Lorsque Mathias cherche à évoquer le « voyage des âmes », le “chemin” que l'esprit des morts empruntait depuis les montagnes jusqu'à la Roche percée, à travers laquelle les âmes s'élançaient vers le grand large, la langue ajié vient naturellement. Pour évoquer le « voyage d'une âme qui part et dit au-revoir aux siens», Mathias semble avoir besoin de la pudeur de sa langue. Alors, la magie opère, hors toute compréhension ; et nous accompagnons Mathias dans son voyage intérieur…

Un peu d'étymologie…

En langue ajié, Borégaou peut se traduire par « tas de cendres ». Ce même lieu bénéficie d'un autre nom, Nekewuya, qui signifie « petite musette ». Dans les deux cas, Mathias nous explique que ceux-ci renvoient à la géographie du site, longtemps carrefour stratégique entre les vallées bouraillaises et les tribus de la côte Est. C'était un lieu de passage pour les voyageurs, qui y établissaient des feux de campement ; c'était également un lieu d'échange de marchandises, d'où les cendres, d'où la musette…

Patrimoine immatériel

Raymond Aï, chef de la tribu de Pothé, intervient régulièrement en collège et à l'Université pour enseigner l'ôrôê, une des langues kanak de l'aire coutumière Ajié-Aro. Il nous conte une légende de sa tribu, dont la morale est laissée à la libre appréciation du lecteur, comme il est de coutume dans la tradition orale kanak. Il nous initie aussi à sa langue, avec quelques mots dont vous trouverez ci-dessous une expression phonétique qui vous permettra de prononcer vos premiers mots en ôrôê !

Il faut sauver les oncles !

Cette légende appartient à mon clan, de la tribu de Kikuè, dans les montagnes à l'Ouest de Bourail. Cela se passait il y a fort longtemps, bien avant l'arrivée des Blancs.

Dans cette tribu, vivait Iraa, un des guerriers invisibles du clan. Un jour vint où un grand raz-de-marée inonda toutes les vallées de la région de Bourail. Des pleurs se font entendre, des cris de femmes, d'enfants. Iraa sort alors de sa case et comprend l'urgence de la situation.

Ses premières pensées se tournent vers ses oncles maternels, qui sont à Nekou, et dont il pressent qu'ils sont en danger. Il saisit un tronc pour s'en servir de radeau et dépose, à l'abri de sa coiffe de guerrier, quelques braises, supposant que sa famille aura besoin de feu. Il se laisse alors emporter par le courant, bravant tous les dangers.

Il parvient finalement à Nekou. La tribu s'est réfugiée sur une petite hauteur, encerclée par les flots. Oncles, cousins, cousines, l'aperçoivent et s'écrient : « regardez, c'est Iraa ! » Ses oncles n'étaient par surpris, convaincus qu'Iraa viendrait à leur secours. Celui-ci leur dit alors : « Mes oncles, je vous ramène du feu, je sais que vous avez grand besoin ».

PETIT LEXIQUE - 710 c

Quelques mots en langue Ôrôê (orowè)

Bonjour - I wéya (iwéya)

Au revoir - Déanâwâ-ré (déanamouré)

Merci - ëi (euy)

Merci beaucoup - ëi vè au (euy vèaou)

Igname - mëwi (meuwi)

Taro - mwa (moua)

Tribu - népê (népè)

Je suis de la tribu de Pothé - Dö népê rö Pötê (do népè ro potè)

Champ - döwö (deva)

Marché - piré (piré)

Montagne - bokoè (bokouè)

Tortue - bwâ&â (bouinleu)

Cerf - yèvërë (yéveureu)

Roussette - miu (miou)

Bourail - mwî vé&é (moui vélé)

Nandaï - rhawa (rawa)

Bouirou - Bwi&u (bouirou) - Littéralement : au fin fond

Gouaro - gëarö (geu aro) - Littéralement : parler le aro

Col des Roussettes - mérèxémiu (mérérèmiou) - Littéralement : là où on chasse les roussettes

Buraï, Burhai ou Bourail ?

Si aujourd'hui deux orthographes co-existent (Bourail et Burhai), c'est bien sous la forme de « Buraï » qu'est mentionnée pour la première fois la région de Bourail dans une lettre rédigée en octobre 1857 par le capitaine de vaisseau Du Bouzet, gouverneur des Établissements français d'Océanie.

De la queue du lézard…

Étymologiquement, le mot Bourail vient de Bu Rhaï dont les termes, en langue ajié, signifient « queue » (Bû) et « lézard » (Rhaï).

primi sui motori con e-max

De Braham ben Mohamed à Ziane Mohamed ben Ali1

De 1864 à 1897, plus de 2100 condamnés “arabes” ont été envoyés à “La Nouvelle” pour y subir leur peine. Si le dernier d'entre eux est décédé en 1968, les descendants de ceux-ci constituent une composante importante de la Nouvelle-Calédonie, devenue désormais leur pays.

Quand on demande à Taïeb “Jean-Pierre” Aïfa2 de se définir, il répond : « Je suis un Calédonien d'origine algérienne ». Sans doute son père, Aïfa Laïfa ben Saïd (arrivé en 1897) et son grand-père maternel, Tayeb ben Hassem (1867), auraient plus volontiers répondu qu'ils étaient algériens, même si l'un et l'autre auront vécu une large partie de leur vie en Nouvelle-Calédonie, que les déportés arabes nommèrent Caledoun.La réponse de Taïeb Aïfa est pourtant sans équivoque et souligne le chemin parcouru. Si les descendants de ces forçats sont heureux de leur récente reconnaissance, soulignée par l'exposition « Caledoun, histoire des “arabes” de Nouvelle-Calédonie », présentée à l'Institut du monde arabe et prochainement à Nouméa, ils sont aujourd'hui pleinement calédoniens.

Du déracinement à l'intégration

Ces condamnés d'origine arabe ont cependant du traverser des heures douloureuses avant que leur enracinement les conduise à une telle intégration. Comme le rappelle Taïeb Aïfa : « Mon père est arrivé ici avec des chaînes. En guise d'objets souvenirs, c'est bien tout ce qu'on pourrait avoir. »

Pas question cependant de faire preuve d'angélisme à l'égard de ces déportés. Si le sort des déportés politiques (on pense notamment aux rebelles kabyles de 1871, dirigés par Bou Mezrag ben Mokrani) est particulier, les déportés de droits de commun d'origine arabe (tout comme leur homologues métropolitains) n'étaient pas tous des enfants de chœur. Vouloir en faire des “Jean Valjean” injustement condamnés équivaudrait à “revisiter” l'histoire.

Nonobstant cette réserve, le prix à payer pour les erreurs commises3 a été bien lourd : outre leurs peines (de 5 ans à perpétuité), la violence corporelle, la dureté des travaux, l'humiliation et le mépris, ces condamnés ne gagnèrent que très exceptionnellement le droit de retour sur leurs terres4. On leur refusa de surcroît la possibilité de faire venir leurs épouses.

Comme l'ont écrit les commissaires de l'exposition Caledoun, Louis-José Barbançon et Christophe Sand, les condamnés “arabes” ont connu le quotidien de tous leurs congénères mais il était encore « plus dévalorisant d'être à la fois “chapeau de paille” et “bicot” ».

Les concessionnaires de la “vallée du malheur”

Si leurs descendants n'ont pas échappé à l'exode rurale qu'a connu la Nouvelle-Calédonie dès l'entre-deux guerres, la communauté “arabe” est restée particulièrement forte à Bourail où nombre de condamnés avaient été transférés. Si, au camp des arabes de l'île des Pins, ceux-ci furent plus particulièrement affectés à la fabrication de la chaux et du charbon de bois, à Bourail des centaines d'entre eux vont devenir concessionnaires, principalement dans les vallées de Boghen et de Nessadiou, où ils bâtissent des maisons précaires, faites de torchis. Du fait de la dureté des conditions de vie, cette dernière sera d'ailleurs longtemps connue comme la “Vallée du malheur”.

Il est vrai, comme le rappelle Taïeb Aïfa, que « ceux qui n'avaient jamais travaillé la terre ne pouvaient pas s'en sortir ». Les débuts sont plus que difficiles. On cultive alors des haricots secs, des arachides, des petits pois secs, du maïs, tout en devant faire face aux aléas naturels. Heureusement, la solidarité est là, qui permet de s'en sortir. Taïeb Aïfa raconte ainsi que « le voisin de mon père venait du même bled que lui. Celui-ci pratiquait un peu d'élevage et mon père, s'il était agriculteur, savait aussi dresser les bœufs de travail. Ils faisaient bon ménage… ». Mais pour cette première génération, la souffrance reste immense : « mes frères m'ont souvent raconté avoir vu mon père la tête dans les mains en train de pleurer son pays ».

Cette souffrance, ils la partagent alors avec les Mélanésiens, soumis au même statut, celui de l'indigénat (qui ne sera aboli qu'en 1946) et à la même impérieuse nécessité : la survie pour seule horizon. Il n'est donc pas étonnant que les mariages mixtes ont alors souvent donné lieu à des unions avec des femmes d'origine océanienne5.

Quand Taïeb devient Jean-Pierre

La misère sociale favorise fatalement un processus d'acculturation qui, sur fond de scolarisation et de christianisation, engendre la perte d'une grande partie des traditions d'Afrique du Nord. De la pratique de la langue aux rituels religieux, en passant par les événements festifs, rares seront ceux, parmi les générations suivantes, à conserver intacts les éléments de leur culture originelle, même si ces enfants d'“arabes” perpétuent un sentiment d'appartenance identitaire propre à leur communauté.

Taïeb Aïfa, né en 1938, illustre bien ce processus, lui qu'on obligea à porter un prénom chrétien, Jean-Pierre, pour être accepté à l'école privée où les plus démunis étaient accueillis, à condition donc de franciser leurs prénoms et d'accepter le baptême. Mais Taïeb Aïfa, comme tant d'autres, est aussi le symbole d'une population d'origine arabe aujourd'hui respectée. 50 ans d'engagements syndicalistes et politiques en témoignent.

1 En référence aux noms du premier et du dernier déporté d'origine arabe
2 Maire de Bourail de 1977 à 2001 et de 2008 à 2014
3 Si des déportés devaient assumer un lourd fardeau judiciaire, d'autres ont été condamnés à perpétuité pour une simple tentative de meurtre ou pour un vol commis avec violence, ayant entraîné des traces de blessure ou de contusion !
4 La loi stipulait une obligation de résidence perpétuelle imposée à tout condamné pour 8 ans et plus de travaux forcés. Pour les autres, cette obligation était “réduite” à une durée égale à celle de leur peine.
5 Ces mariages n'étaient cependant pas exclusifs et beaucoup se marièrent également avec des femmes d'origine française.

 

2106 déportés entre 1867 et 1889

Les “Arabes” envoyés à « La Nouvelle » arrivent souvent très affaiblis, voire décèdent au cours du transfert ; leur religion leur interdisant la consommation de lard et de porc salé à bord des navires.

Le cimetière arabe

On doit à un membre de la commission municipale, Charles Metzger, d'avoir sollicité dès 1896, la création d'un cimetière arabe. À l'unanimité, la commission déclare alors n'y voir « aucun inconvénient à condition que les Arabes soient seuls chargés, et à leurs frais, de tous les travaux d'entretien » (Extrait du registre des délibérations)

Les Arabes à Nessadiou

La section rurale de Nessadiou ouvre en 1883. Les lots sont alors concédés à des condamnés et des libérés de toutes origines. En 1895, sur 88 lots, 17 appartiennent à des “Arabes”. En 1936, un recensement effectué par le père Bussy comptabilise 109 “Arabes” et 109 Européens à Nessadiou !

primi sui motori con e-max

La déportation est indissociable de l'histoire calédonienne. Si des centres ont été installés en de très nombreux endroits du territoire1, celui de Bourail présente la singularité d'avoir été le principal site de colonisation pénitentiaire “agricole” et le lieu de déportation principal pour les personnes d'origine arabe2.

C'est en 1863 que Napoléon III signe le décret ouvrant le territoire de la Nouvelle-Calédonie à l'exécution de la peine des travaux forcés. Entre 1864 et 1897, plus de 30 000 hommes et femmes seront ainsi envoyés à “La Nouvelle” et inscrits sur les registres de la Transportation, de la Déportation ou de la Relégation.

Si les déportés politiques (communards ou rebelles d'origine Kabyle principalement) qui ont survécu à leur peine ont presque tous pu rejoindre leur pays d'origine, il en fut différemment pour les déportés de droit commun dont un grand nombre se sont enracinés sur cette terre.

La rédemption par le travail

C'est notamment le cas à Bourail qui fut choisi comme principal site de colonisation pénale de type agricole par le gouverneur Charles Guillain qui, comme beaucoup à l'époque, croyait à la rédemption par le travail (d'où l'expression de Bourail-les-Vertus alors utilisée). Il ne faut en effet pas oublier que le bagne (qui était alors perçu comme un progrès social !) était aussi considéré alors comme un vecteur puissant d'implantation coloniale durable. La “double peine” allait dans ce sens. Une fois leur peine exécutée, les “droits communs” devaient rester sur place.

C'est ainsi qu'à Bourail les bagnards sont appelés à devenir des concessionnaires dont des décrets successifs viendront fixer les termes. Celui de 1895 précise ainsi qu'un terrain non défriché de 4 ha est alloué à chaque concessionnaire, ainsi que des outils aratoires, des effets de couchage et d'habillement ainsi que six mois de vivres et des droits médicaux pour un an. En contrepartie, le concessionnaire doit une rente annuelle à l'administration pénitentiaire.

Bourail : grenier agricole de la colonie

En 1885, sur 1770 personnes vivant sur des concessions en Nouvelle-Calédonie, 1013 résident à Bourail. Économiquement, l'affaire s'avérera pourtant désastreuse. Entre expériences de culture peu concluantes (canne à sucre, coton…), calamités naturelles (inondations, sauterelles…) et inexpérience agricole de la plupart des condamnés, tout concourait à ce qu'une majorité des concessionnaires connaisse une vie misérable. À titre d'exemple, des 100 concessions distribuées dans la plaine en 1870, n'en subsistent que 19 vingt ans plus tard.

Malgré tout, l'expérience aura des effets durables sur la destinée de la région bouraillaise qui gagne alors ses galons de “grenier agricole” de la colonie. Des galons dont la commune s'honore toujours aujourd'hui…

1 L'Administration pénitentiaire était ainsi présente à Nouméa (Nouville, Ducos…), à l'Île des Pins (déportés politiques principalement), à La Foa, à Pouembout, etc.
2 lire l'article à ce propos p. 52

BRÈVES - 755 c

La population bouraillaise il y a 130 ans

Au 31 décembre 1885, la population européenne de Bourail compte 218 femmes (dont 68 venues de France), 343 enfants (dont 246 nés dans la colonie) et l'effectif sur les concessions s'établit à 469 condamnés et libérés. Au total, la population d'origine pénale s'établit alors à 1211 personnes !

Un régicide à demi-fou

Condamné en 1867 pour tentative d'assassinat sur la personne de l'Empereur de Russie en visite à Paris, Antoine Berezowski, concessionnaire à Bourail, aura été un personnage extravagant. Il inventera de folles machines pour la pêche ou des techniques imparables pour lutter contre les sauterelles qui dévastent les champs de canne à sucre. Autant d'inventions fatalement marquées du sceau de l'échec !

primi sui motori con e-max